Déjeuner en paix !
Jeudi 8 mai 2014
Monsieur COSQUER en a une toute petite
lame à son couteau neuf, utile pour piquer les olives et tous les cannelés de l'apéro, tandis qu'avec nos doigts gourds on doit se rabattre sur les pétales de frites avant de mélanger fébrilement l'eau de pluie à nos Kir.
Pas gêné Monsieur COSQUER : et que j't'enfile
un T Shirt bien sec siglé Hermès Penkalet au nez et à la barbe de l'abbé Pierre, déguisé pour l'occasion en nain vert KB Jardin dégoulinant (très réussi Pierre !)
Pendant que Marie-Pauline narre par le menu à la Tronçonnine captivée ses premières performances d'actrice hardeuse sur le Net, Anne ne tarit pas d'éloges sur sa nouvelle selle à mémoire de formes -il est vrai qu'elle a des formes mémorables Kernanou- se dit Marcus Infarctus, qui observe à la sauvette les progrès pusillanimes d'un bigorneau réfractaire.
Fort heureusement, notre hôtesse préférée et sa Coco-pilote GPS (Global Positionning Sorrow) ont acculé leur carriole respective, façon camp de pionniers du far west, pour protéger Lady Di des intempéries. De fait, elle sera bien la seule à ne pas écraser des crapauds (ou des princes charmants?) dans ses chaussures.
Sinon, on ne vous dira rien du plus beau paysage forestier du Finistère qu'il nous a été donné de traverser. On l'a pas volé. On le garde pour nous...
Et on y retournera.
Marc


En novembre, n'oublie pas tes vêtements de pluie!

Une randonnée de trois jours était programmée dans les terres de l'Arrée pour le week-end du 11 novembre. Du lac du Drennec à la forêt d'Huelgoat en passant par le Roch' Tredudon, l'Abbaye du Relec, les rochers du Cragou, le Chaos de Mardoul, les tourbières de Brennilis et la forêt de Saint-Cadou... le programme était calculé pour en mettre plein la vue à nos randonneurs.
La météo en avait décidé autrement!


"Un temps affreux ou les affres du Chausson!"
Jeudi 11 novembre
7h00. Je touille mon café en écoutant le météo-man de France Inter nous raconter qu’un sérieux coup de vent et de fortes pluies sont annoncés. Oui, mon gars! Chez nous dans le Finistère, on est déjà au courant. ça vente et ça pleut depuis 4h du matin.
7h45. Je me gare au plus près de l’accueil à Randoloisirs où les cavaliers déjà arrivés font connaissance autour d’un café. Certains d’entre eux (peu au fait du climat breton) sont quelque peu ahuris par les conditions météo. «Annuler? Pourquoi faire? dit la Nine. C‘est juste un coup de vent avec un peu d’eau!»
Pendant ce temps, Gaëlle et Emie m’aident à charger le Chausson d’assistance déjà bien rempli de l’intendance pour 3 jours. On y entasse en plus les sacs des cavaliers, une guitare, des couvertures pour les chevaux et tout un tas de matériel équestre dont je ne saurai vous donner une définition précise.
Dans le lot, il y a tout de même un objet que je reconnais bien : il s’agit du bac de granulés pour les chevaux.
A chaque fois qu’on charge cette énorme bassine, je me dis «Vivement dans 3 jours que les chevaux aient tout mangé!». Le Chausson d’assistance se dit la même chose vu que direct, il s’aplatit d’au moins 10cm sur ses suspensions. Oui, j’exagère, mais à peine!
11h. La cartographie d’atterrissage à l’Abbaye du Relecq bien en tête, je passe les crêtes où je m’arrête le temps de quelques photos. Je pense aux cavaliers et c’est sûr! Ce n’est pas aujourd’hui qu’ils vont pouvoir admirer la mer en ligne d’horizon sur la côte nord. D’ailleurs, je me demande ce qu’ils percevront du paysage en dehors des oreilles de leur monture!
11h45. L’abbaye est fermée, le site est magnifique mais aucun abri nulle part.
Sur l’arrière de l’abbaye, je découvre un petit bâtiment de toilettes : très propre et disposant d’une entrée suffisante pour y abriter une table de pique-nique et 7 cavaliers. Bingo!
13h30. Après s’être restaurés et changés, les cavaliers remontent en selle. La flotte et le vent sont toujours d’actu.
17h. J’entame la montée vers Park Ar Meen : un chemin empierré, couvert de feuilles mortes. Normal, c’est l’automne et les feuilles mortes s’y ramassent à la pelle. Sauf qu’ici, les feuilles mortes m’embêtent car le Chausson n’est pas équipé 4X4 et ça grimpe sérieux. Alors en avant toute pour environ 2 km d’une montée vers le gîte à travers la forêt. En seconde tout du long et avec un «léger» dérapage dans un virage serré et plein de gadoue.
La forêt est magnifique mais très impressionnante au crépuscule! Le vent rend les arbres presque vivants à agiter leurs branches en tous sens; les feuilles et les branchettes valdinguent et la pluie me la joue essuie-glace pleine balle.
18h. L’intendance et les sacs des cavaliers sont maintenant rangés dans le gîte. Le feu dans la cheminée est bien parti (quelle galère de l’allumer avec 3 bouts de papier humide!) et la potée auvergnate mijote.
18h15. Ouf! Ma bande de joyeux drilles est arrivée. Soins aux chevaux en tout premier lieu puis chacun se débarrasse des différentes couches de vêtements trempés qu’on met à sécher ici ou là. Le baby-foot qui trône au milieu du gîte sera d’ailleurs d’une grande utilité.
Les joyeux drilles sont total rincés, à tous les sens du terme. Environ 45 bornes dans le vent et la pluie à travers les crêtes de l’Arrée et la forêt d’Huelgoat.
19h30. Olive, notre maréchal-ferrant préféré, arrive en renfort d’assistance.
Dans l’après-midi, il avait rejoint le groupe au volant de son fourgon 4X4 pour rechausser Dame Hermine qui avait perdu un fer dans la bouillaque.
Vous savez? Les chevaux sont comme les humains : des fois, quand on marche dans la vase, il arrive que la botte reste scotchée et qu’on se retrouve comme une andouille sur une seule patte à ne pas savoir où poser sa chaussette!
Ce soir, il a en plus un autre cheval dans ses bagages. Et non, je ne vous expliquerai pas l’intendance cheval de ces trois jours. D’abord, ce n’est pas mon boulot et ensuite c’est trop compliqué.
Pour suivre le fil de cette petite histoire, il suffit de savoir que la Nine s’adapte aux contraintes des uns et des autres.
20h. Après quelques errements dans la forêt d’Huelgoat au volant de son fourgon, Thierry s’installe à la grande tablée, tout content d’avoir enfin trouvé le gîte. Benoît et Clémentine ne nous rejoindront finalement que demain soir.

Vendredi 12 novembre
8h. Je décolle : direction la maison pour quelques babioles d’intendance; mais cette fois-ci, je fais le détour par Restidiou Braz (plus facile que le chemin d’hier soir). J’en profite au passage pour admirer les sculptures dans le parc de L'Autre Rive.
11h. Je reviens au gîte pour récupérer Audrey qui s’est octroyé une journée de repos. La vaisselle est faite, merci Audrey!
11h45. Le Chausson est sur zone, à une vingtaine de mètres du lieu de pique-nique. Impossible d’aller plus loin sous peine de transformer le Chausson en abri définitif  pour les chevreuils et autres habitants de la forêt.
A peine le temps d’enfiler mes bottes que surgissent nos cavaliers. Aujourd’hui, nous pique-niquerons sous un pont, ce qui nous changera des toilettes de l’Abbaye. Une légère éclaircie du ciel attire le regard de notre amie bordelaise qui s’émerveille d’un bout de bleu aperçu entre 2 nuages.
13h30. Les cavaliers s’entassent dans le Chausson pour un café/thé au chaud.
14h. Mon assistante d’assistance et moi partons en exploration de l’Intermarché d’Huelgoat. Il nous faut un gâteau et des bougies, mais aussi des crêpes et du beurre –salé bien sûr- car nos amis Picards, Parisiens et Bordelais ont particulièrement apprécié ces 2 aliments essentiels aux Bretons. Les Bretons aussi, mais est-ce utile de le souligner?
Puis détour par la pharmacie pour une boîte d’Actifed jour et nuit. La Nine est en train de s’enrhumer et il faut pallier sa visibilité réduite pour cause de yeux larmoyants. Déjà que la pluie en vient à rendre les cartes peu lisibles (même sous les pochettes de protection, c’est vous dire l’humidité ambiante!) alors il ne s’agit pas de perdre toute la troupe dans les tourbières de Brennilis.
15h30. Pendant qu’Audrey s’active à rallumer le feu (flûte! on a oublié d’acheter des bûchettes allume-feux!), je me mets à la pluche des potimarrons.
17h. Le sauté de porc sauce crème fraîche, moutarde et champignons mijote. La purée de potimarrons fait de même. Arrgh! J’ai oublié le mixeur, ce sera donc une purée fourchette comme au temps de ma grand-mère. Audrey a fait provision de bois pour la soirée et son beau feu réchauffe l’atmosphère (ainsi que les divers pulls et chaussettes mis à sécher ici et là).
17h15. Arrivée des cavaliers et même scénario qu’hier : soins aux chevaux puis strip-tease des uns et des autres avant un thé chaud ou une bière, mais essentiellement au sec!
19h30. Benoît et Clémentine ont roulé toute la journée pour rallier le gîte. Olive est de nouveau parmi nous mais je ne crois pas qu’il ait rapporté un autre cheval. Il manque à l’appel Nicolas et Juliette (le train de Paris a 1h de retard).
20h30. Je laisse la tablée à ses agapes, ils n’en sont encore qu’à l’apéro; et en avant pour une nouvelle traversée des crêtes (Maëlle est de garde demain).
Ce soir, le vent est monté en puissance, ce n’est pas encore la tempête mais on y est presque. Des trombes d’eau, les essuie-glaces en vitesse maxi et un Chausson bien secoué au passage du Roch’ Trédudon.

Samedi 13 novembre
9h. Je croise Olive sous l’antenne du Roch’ Trédudon. Je crois qu’Olive rapporte 2 chevaux à la Ferme Equestre, je n’en suis pas très sûre mais comme je vous l’ai déjà dit : c’est pas mon boulot! Le vent s’est calmé et a fait place à un brouillard très humide.
9h30. Ménage dans le gîte et chargement des affaires avec mes 2 assistantes d’assistance. Oui, j’en ai gagné une autre! Il pleut toujours.
11h30. Marche-arrière au Chaos de Mardoul. Le site prévu pour le pique-nique est inondé et impossible de faire demi-tour sous peine de transformer le Chausson en abri définitif pour les truites, les grenouilles ou tout autres habitants de la rivière.
Non! Non! Et Non! Je ne veux pas prêter mon Chausson! Alors je me cale sur mon rétro de gauche pour repérer la ligne indistincte entre herbe et chemin (ben oui, il pleut!) et une fois la trajectoire bien cadrée dans ma tête, c’est du roule ma poule pour une marche-arrière qui relève plus du pari que d’une certitude de pilote chevronné.
11h45. La chienne Maoutig est la première à pointer son museau (trempé) devant la porte du camping-car.
Quant au petit Koll Bouëd, il s’est pris une bonne trentaine de secondes de retard sur sa copine Maoutig. Fait inhabituel mais pour excuses, les nombreux passages de gué lui auront été éprouvants. Vous imaginez ce que ça peut donner pour un Koll Bouëd de 30cm de haut quand les chevaux ont parfois de l’eau jusqu’au poitrail?
12h. L’équipe des joyeux drilles s’empile dans le Chausson. Des toilettes au pont, nous en sommes arrivés au Chausson ce qui fait moins SDF.
15h. Les cavaliers sont quelque part entre le lac de Brennilis et Saint-Cadou.
L’assistance est garée devant l’accueil de Randoloisirs où chacun s’active à décharger les affaires, mettre les couvertures des chevaux à sécher etc. Ouf! Pas de bassine de granulés pour chevaux à porter, c’est Olive qui s’en est occupé. Il est malin le bougre, car les chevaux ont dû tout manger!
Durant tout ce temps, Koll Bouëd ne bouge pas de ses couvertures à l’intérieur du Chausson. Et oui… nous ne sommes pas si vilains, et devant l’état du petit chien ce midi, on a décidé de le ramener par la route plutôt qu’à pattes (courtes!)
19h30. J’essuie soigneusement mon appareil-photo, bien au chaud dans ma cuisine.
La bande des joyeux drilles est sûrement en train de préparer les festivités d’anniversaire de leur ami Nicolas dans un gîte de Saint-Thégonnec. La plupart d’entre eux avait traversé la France dans ce but. C’est beau l’amitié!
J’imagine la Nine chez elle, en atterrissage, comme nous tous avec des souvenirs plein la tête; mais avec en plus la satisfaction d’avoir mené tout son petit monde dans la découverte de paysages magnifiques. D’accord! L’horizon se limitait à l’espace «visière du casque/oreilles du cheval»… mais ils ont tous envie de revenir.

Mardi 16 novembre
Il fait grand beau, comme on dit par chez nous, alors je retourne au Chaos de Mardoul pour quelques photos. La rivière a repris son cours et elle est d’une beauté souveraine à se glisser entre les roches hiératiques.
Dommage pour les cavaliers de l’Armistice : il faisait beau avant, il faisait beau après. Mais on a bien rigolé pendant!
Christine














Les crêtes un mois après l'incendie







« Viens voir ! Il y a le feu à la montagne ! »








C'est ce que m'a dit Thérèse, toute énervée, en toquant à ma porte ce dimanche 23 mai en début d'après-midi. En regardant le ciel par la fenêtre de la cuisine, j'avais bien remarqué qu'il s'était couvert.
"Ah là là !… avais-je pensé, la météo nous avait pourtant bien annoncé un week-end de Pentecôte dans du bleu pur!"
J'ai alors contourné la maison en suivant Thérèse... Et oui, la ligne des crêtes était en feu!!
Estomac noué, inquiétude, tristesse…
Très mauvais flash-back d’une enfance provençale où chaque été, je pleurais la garrigue qui brûlait sur des hectares et des hectares…
La nausée.
Et dans la foulée, appel sur le portable de la Nine :
"T’es où ?
- En forêt, je rentre d’une rando avec deux clients.
- Tu sais qu’il y a le feu à la montagne ?
- Oui, je sais et c’est stressant car on voit les nuages de fumée, mais on rentre. T’inquiète ! Tout va bien, on est loin du feu."
En fin d’après-midi, deux Canadairs sont arrivés de Marignane et ont commencé leur ballet aérien en soutien des pompiers au sol.
Là aussi, mauvais souvenir à remonter pleine tête : gamine, je les observais charger l’eau en baie de Hyères puis remonter vers les montagnes en feu.
En regardant les Canadairs tourner au-dessus des Monts d’Arrée, je me suis souvenue d’un copain de mon père, pilote de Canadair, qui nous expliquait ce moment très dangereux de la prise d’eau en mer.
Dans les années 60, les Canadairs n’en étaient qu’à leur début et les pilotes se prenaient des sueurs froides à maîtriser leur « coucou » pendant cet instant très précis où juste une seule et toute petite erreur d’appréciation pouvait les envoyer au tas.
Au cours de la nuit, je me suis réveillée plusieurs fois et j’ai grimpé sur un tabouret pour regarder par la lucarne sous le toit. Il ne restait que les éclats de gyrophares des pompiers, pas de flammes et le ciel était lumineux sous les étoiles.
Tôt ce matin, j’ai ouvert mes fenêtres côté sud et immédiatement, l’odeur de brûlé m’a prise à la gorge. Appareil photo en poche, je suis partie vers les crêtes, me demandant si les routes d’accès étaient toujours fermées.
Je suis montée vers les anciennes ardoisières de Commana. Un paysage de désolation. Côté ouest de la route, les landes dans toute leur splendeur de couleurs et côté est, le noir de la mort avec cette odeur si particulière du feu qui dévaste tout sur son passage.
Les pompiers avaient passé la nuit sur zone, ils m’ont autorisée à les photographier. Fatigués, mais souriants "d’avoir fait ce qu’ils avaient pu". Dans ce matin clair à l’odeur de brûlé, leurs sourires las étaient symboles de vie.
Les landes de l’Arrée retrouveront bientôt toute leur superbe car renaître de ses cendres est la loi de la vie, à l’image de l’océan… dans son perpétuel mouvement de marée.
La montagne a brûlé. C’est ainsi…
Mais "merci bras" à ces gens -les pompiers- qui "ont fait ce qu’ils ont pu".
Pudeur des mots pour dire malgré tout qu’ils ont tout fait pour stopper le feu et ce, au risque de leur vie.
Faut-il le rappeler ?… Non.
Les saluer ?… Oui.

Lundi 24 mai 2010
















.Assistance picnic.
Je ne saurai vous décrire quel fut l’itinéraire précis des 4 cavaliers et de nos 2 infatigables coureurs des bois (Maoutig et Koll Bouëd) car le petit Chausson-Mobile ne navigue que sur le bitume. Encore heureux!!
En conséquences, chacun à sa place: les chevaux sur les sentiers de randonnées et les véhicules sur les routes.
En raccourci de ces 2 journées: 1er rendez-vous pique-nique à l’entrée du Parc de Menez Meur, repas du soir et tit dèje au Centre Equestre du Cranou, puis 2ème pique-nique je ne sais pas bien où...
C’était un endroit où l’on pouvait garer le Chausson sans déranger le paysage et où il y avait suffisamment d’arbres pour amarrer les chevaux. Il reste de ce lieu un rond rouge sur ma carte et quelques photos, mais à part ça… que vous dire d’autre?
Vous l’aurez compris, pister des cavaliers quand on est aux commandes d’un "Chausson-très-Mobile" nécessite une bonne maîtrise de la lecture de cartes! Mais… un livre n’est pas non plus inutile.






En effet, le principe de l’assistance technique (que ce soit pour les marins en course, les enduranciers ou les cavaliers randonneurs) étant d’arriver à bon port avant eux, il faut donc aussi savoir occuper son temps!
De ces deux journées d’assistance, je garderai le souvenir de paysages magnifiques, d’une envie d’aller (à pattes!) explorer plus avant un territoire que je ne connais pas encore très bien, et surtout d’une belle rencontre humaine. Laurent et Hélène, j’espère que vous reviendrez cavaler "dans les terres" un de ces jours!
La seule chose que je regrette, c’est de ne pas avoir vu Koll Bouëd se faire courser par la vingtaine de chevaux du Cranou!
Hé oh Koll Bouëd!… tu sais que les chevaux du Cranou ne te connaissent pas?
Ce matin, tu t’es promené dans leur pré comme si tu étais chez toi!
Ben voyons! Faut pas se gêner!
Bon… Tu t’en es bien sorti mais il aura fallu que tu mettes le turbo!
Je ne sais pas si Maoutig a fait des bêtises, en tout cas, elle est à son poste quand la patronne se permet de fermer un œil!






Randoland, 20 juin 2010.







Rencontre
J’ai rencontré Morgane la fée…
Elle montait une jument se prénommant Prisca…
Mais chuuuut… il ne faut pas le dire…
J’ai rencontré Morgane la fée dans les monts d’Arrée.
Je sais que c’est elle ! Elle parle aux chevaux et aime sa terre…
Mais chuuuut… il ne faut pas le dire…
C’est un secret que je vous confie…
C’est une expérience inoubliable, si vous avez la chance de partager avec elle un moment, vous comprendrez ce que « randonnée » veut dire.
Elle transforme quelques heures de votre vie en un magnifique souvenir… impérissable… indescriptible… magique…
Hazur… On croirait que c’est la couleur unique du ciel… mais ici, c’est un être qui vous transporte dans un autre monde.
J’ai rencontré Morgane la fée…
Elle habite les monts d’Arrée et je vous souhaite de la rencontrer…




Laurence
30 avril 2010









Des Pyrénées à l’Arrée, la gravité prend un autre sens…

Message d’un adhérent récent pour vous apporter un éclairage sur les trois raisons qui m’ont poussé à intégrer le monde de Randoloisirs.

Il y a de cela quelques années, j’avais pratiqué l’équitation dans les Pyrénées au sein d’un assimilé centre équestre. Le mercredi après-midi et le samedi matin nous pratiquions la balade, le travail en carrière et le saut d’obstacle.
C’est ce dernier qui m’a appris le sens du mot gravité. Cet instant délicieux où votre fidèle monture, une fois l’obstacle passé, redescend en direction du sol alors que vous... vous continuez de monter, comme attiré par les effets de l’apesanteur. Hélas, monsieur Newton vous rappelle rudement le sens profond de la loi sur la chute des corps.
Ne comptez pas sur un hypothétique parachute ou matelas pour vous réceptionner, il n’y en aura pas ! Plus dure en sera la chute !
C’est pour cette première raison que j’ai choisi Randoloisirs. Mais non voyons... pas pour les chutes ! Je n’en ai par ailleurs aucune à mon actif.
C’est le groupe qui m’a décidé : ces cavaliers déjà adhérents qui forment cette petite famille avec laquelle vous vous sentez si bien et passez de si bons moments. Ces instants de camaraderie, d’échanges, de taquineries, de plaisanteries, d’entraides et d’attentions. Celles-là mêmes qui vous rassurent et vous apportent du bien comme ce fut le cas pour moi à l’époque de mes crises de gravité aiguë ! C'est bien cette douce et joyeuse chaleur humaine qui fut la première raison de mon choix.
La deuxième raison : la randonnée telle qu’ici elle est pratiquée.
Tout commence avec votre monture. A Randoloisirs les chevaux vivent et respirent. Evidence me direz-vous. Pas forcément.
Ici les chevaux sont beaux car traités avec amour et attention. J’entends par beau, leur aspect purement physique, mais aussi et surtout le fait d’animaux pleinement équilibrés et emplis de vie. Des chevaux tous différents qui éveillent vos sens au partage des émotions. Jamais le même ressenti. Aucun stéréotype, des chevaux non formatés mais adaptés à chacun en fonction de son niveau ou de son désir du moment, et ce pour vivre au mieux votre randonnée. Belle, sauvage dans ces décors somptueux. Un grand sentiment de vivre, une profonde liberté au sein d’un massif armoricain aux mille senteurs, aux mille couleurs. Votre monture et vous au beau milieu. Que du plaisir !
Quant à la troisième raison elle se prénomme Adeline !
Le nom de ma jument préférée ? Cela aurait pu tant ce mélodieux prénom vous caresse délicieusement le tympan. Mais non ! En réalité Adeline est la jeune femme responsable de Randoloisirs. Elle sera votre professeur ou plutôt devrais-je dire votre guide. Car là aussi la philosophie profonde de Randoloisirs s’exprime différemment. Fort ravissante damoiselle emplie de charmes et de charisme, ceci dit en toute humilité -je suis un homme marié tout de même !- Adeline vous séduira par son professionnalisme.
Portant toujours un regard attentionné et discret, promulguant informations et conseils, Adeline dispose d’un sens prompt de l’analyse, apportant en chaque situation une juste décision.
Ce qui l’anime ? La passion. L’amour de ces chevaux, de cette région et le plaisir de les partager. Quelqu’un d’aussi passionnée c’est important et rassurant quand on est cavalier. Ah! j’oubliais Adeline crie aussi parfois, et ce n’est jamais bien méchant. Après tout, c’est cela la passion.
Voilà, tout est dit ou presque car il y a ici tant de choses à vivre et à partager ! J’en profite pour remercier Marc qui a guidé mes pas vers Randoloisirs.
A vous maintenant d’écrire votre histoire en venant vivre avec nous cette belle aventure! Bienvenue à Randoloisirs!




« On connaît le cheval en chemin et le cavalier à l’auberge »

(authentique) proverbe chinois

 

Chère Maoutig, cher Koll Boued, cher Stan,

Depuis le temps qu’on fréquente par tous les temps de chien les mêmes chemins visibles et invisibles, je vous dois quelques éclaircissements.

Qu’est-ce qui a pu pousser un vieux quinqua-gêné à chausser sur le tard les étriers, au mépris de ses dernières vertèbres intactes et d’hypothétiques grasses matinées ?
Un prénom prédestiné, une lointaine petite enfance passée entre les jambes colossales des percherons vendangeurs du muscadet n’expliquent pas tout.
Il n’y a pas de hasard, tout au plus des coïncidences. Des images, des signes qui s’entrecroisent, se superposent, s’organisent, s’enflent comme ces ruisseaux des monts d’Arrée jusqu’à devenir ELORN !
En dernier lieu, l’image majestueuse d’un couple de cavaliers sur un sentier de crête près de la cote 358. On se dit, petit piéton randonneur, que ce serait bien de prendre enfin de la hauteur, qu’il est encore temps de ne pas mourir idiot !
Le même dimanche de juillet, c’est l’achat tout à fait exceptionnel du journal local (par quelle impulsion ?) pour découvrir le portrait d’une jeune bourlingueuse qui a décidé de poser ses fontes pleines de sable arabique dans ce paysage familier et de ranimer la flamme du tonton inconnu. Le soir du même dimanche, c’est une photographie un peu passée qui s’échappe des pages d’un livre : maman et papa caressant l’encolure d’un splendide postier breton sur la côte nord de l’île de Batz, un beau jour d’été 1986. Maman et papa qui avaient tant rêvé eux aussi en leur temps de « monter à cheval », mais n’ont jamais pu le vivre.
Poent eo kordo barzh ! Si je n’ai pas compris, je ne comprendrai jamais.
Or Kerinizan ça me va bien : au cœur de mon pays d’élection, les Hautes Terres, un esprit vagabond et pas compétiteur (j’ai passé l’âge de tracer des 8 dans un manège et la normalisation propre à ce siècle me hérisse, Galop 4 5 6 pourquoi pas un CACES cavalier ou une cavalière certifiée ISO 9001 !). Un esprit que je ne tarderai pas à découvrir très différent de ce qu’on m’a appris sur les autres centres ou fermes équestres, un esprit où l’on retrouve notamment notre cavalier à l’auberge…
C’est ainsi que vous m’avez vu entrer dans votre vie samedi-dominicale et vous n’êtes pas prêts de vous débarrasser du client.
Deux mots sur votre patronne pendant qu’elle n’est pas là, partie qu’elle est à vociférer sur un groupe de débutants. Outre le fait qu’elle est très vilaine, qu’elle a un caractère bien trempé, qu’elle est têtue et intraitable, passionnée donc impatiente j’en passe et des meilleures, elle possède deux qualités rares qu’elle ne soupçonne peut-être pas.
Elle est une excellente institutrice (je n’ai pas dit maîtresse), j’en atteste après bientôt 120 heures de selle. Elle est surtout en harmonie totale (fusionnelle qu’ils disent maintenant) avec cette nature que nous aimons. Elle l’écoute, la respire, la respecte intimement. On peut passer deux heures sans échanger une parole, on s’est compris par un sourire.
Mais vous le savez bien Maoutig, Koll Boued, Stan : elle n’est jamais aussi émouvante que lorsqu’elle redevient petite fille, avec vous…


A samedi prochain, sans faute et sans fautes de pied. Marc.